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AM 419 - Moncheaux, terriers et briefs de rentes au 16e siècle

par Michel CHAMPAGNE

Sur les quatre documents transcrits dans cette étude, trois concernent la seigneurie de Moncheaux appartenant au chapitre Saint-Pierre de Lille, grand décimateur du village.

Les deux premiers (années 1512 et 1545), à la fois brief ou bref des rentes seigneuriales et bref des terrages, peuvent être facilement comparés et ainsi montrer les transformations de la société villageoise au cours de la première moitié du 16e siècle ; le troisième (vers 1585-1590) ne concerne que la perception du terrage, c’est-à-dire du droit qui est prélevé sur les fruits de la terre, ici de huit gerbes du cent ; les parcelles de terre non soumises au terrage ne sont donc point mentionnées.

Le quatrième document est une enquête fiscale diligentée par la chambre des comptes de Lille donnant la liste de tous les contribuables du village avec leurs biens en 1543 ; malheureusement pour Moncheaux ce cahier est en dans un piètre état d’où les nombreuses lacunes signalées dans notre travail.

On observe au cours du 16e siècle une évolution significative de la répartition des biens fonciers ; si on occulte le bois de Saint-Pierre et les terres de la cense de La Motte à Moncheaux, le pourcentage des terres appartenant à des familles seigneuriales passe de 46% environ à 36% entre 1474 et 1512, celui de la bourgeoisie reste stable (1,72%) ; les familles nobiliaires qui possédaient des terres tenues du chapitre Saint-Pierre les vendent à des paysans aisés dès la fin du 15e siècle (42,14% en 1474, 51,60% en 1512 et 56,25% en 1545) ; en 1545 il ne reste guère que les seigneurs de Fromont et de la Petite Vacquerie ainsi peut-être que les de Lestrées, famille qui s’apparente alors plutôt à une dynastie de gros laboureurs (en tout 27% des terres) ; l’achat de biens fonciers par le clergé est amorcé dès la première moitié du 16e siècle (9,66% en 1474, 13,82% en 1545) ; c’est un mouvement qui s’amplifiera au 17e siècle.

Au début du 15e siècle presque la moitié de la paroisse de Moncheaux est couverte de bois (bois de Moncheaux, de la Petite Vacquerie, de Fromont, de la Bachellerie, de la Velaine, du trou à Bocqueaux) ; en dehors des laboureurs, la plus grande partie des manants sont des manouvriers des bois ; Huart Bardaille qui vit en 1400 au hameau de Lestrée est surnommé « bosquillon » ; les enquêtes fiscales réalisées à l’initiative des ducs de Bourgogne sont significatives : en 1498 les monchellois gagnent leur vie pour le pluspart de manouvrer es bos ; les quelques chevaux du village sont employés à karier bois et autres à labourer. En 1505 parmi les quatorze ménages qui prennent les biens de la charité des pauvres trois ou quatre vont quérir leur pain et se vivent de labeur manouvrier et bosquillier es bos.

En 1505 les prés et les bois sont plus chers que les terres à labour ainsi que les lieux manoirs et gardins à cause du faible rendement des labeurs. Le paysan monchellois réserve une grande partie de ses terres à l’élevage ; l’enquête de 1498 signale l’existence de bovins et de chevaux ; en 1505 on compte 81 vaches et 47 chevaux de petite valeur ; en 1543 32 chevaux, 73 bovins et 240 blancs bestiaux (moutons et chèvres), et en 1549 80 vaches, 29 chevaux et 160 moutons.

De 25 feux en 1469 on passe à 12 en 1485, puis à 28 en 1498. Au lendemain de la guerre entre Louis XI et Charles le Téméraire, les garnisons françaises ravagèrent horriblement la châtellenie de Lille en 1477-1478 ; le village de Moncheaux fut entièrement brûlé, ce qui explique une chute du nombre de feux d’un peu plus de la moitié entre 1469 et 1485 ; mais ces événements ne sont plus qu’un mauvais souvenir lors des premières années du 16e siècle ; on compte 44 feux en 1505, 53 feux en 1543 auxquels il faut ajouter 12 feux à la petite Vacquerie (qui dépendent du bailliage de Lens). Les terres laissées incultes à la fin du règne du duc bourguignon sont défrichées, ainsi sans doute que la Bachellerie ; la seigneurie de Fromont est en partie déboisée.

Cet ouvrage est clôturé par un index des principaux patronymes et par une table des lieux.

En voici le sommaire :
— briefs des rentes, achevés en avril 1512 [1-17] ;
— Les biens fonds de Moncheaux en 1543 [17-22] ;
— cartulaire des rentes de la seigneurie de Moncheaux en 1545 [22-49] ;
— le terrier des terrages appartenant au chapitre Saint-Pierre de Lille, ca 1585-1590 [49-60] ; tables [60-62].

ouvrage publié sous la référence AM 419




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